Atteindre les populations difficiles d’accès Quatrième rapport d’avancement sur la Déclaration de Londres

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Introduction

Ceci est le quatrième rapport et tableau de bord présentant les progrès obtenus par rapport à la Déclaration de Londres sur les maladies tropicales négligées (MTN). Lorsque cette déclaration a été signée en janvier 2012, les partenaires se sont engagés à atteindre les cibles fixées pour 10 des 17 maladies tropicales négligées de la Feuille de route mise en œuvre par l’OMS en vue de contrôler, d’éliminer et d’éradiquer les MTN. Ces 10 maladies ont été sélectionnées parce que l’on disposait des éléments essentiels permettant d’apporter une aide ciblée, immédiate.

Le rapport présente les efforts et les contributions de nombreuses parties prenantes dont les pays où ces maladies sont endémiques, l’OMS, les organisations non gouvernementales, le milieu universitaire et de la recherche, les financeurs et les partenaires du secteur pharmaceutique, qui ont aidé les pays et les populations concernées à atteindre les cibles de l’OMS de diverses manières.

Si vous découvrez l’univers des MTN, nous espérons vous inspirer à rejoindre une communauté unique et puissante d’acteurs de la santé qui œuvre sans relâche pour consigner ces maladies aux livres d’histoire. Si vous faites déjà partie des partenaires investis, nous vous remercions de participer à ce partenariat, et nous avons hâte de poursuivre l’action engagée à vos côtés jusqu’au terme de notre mission.

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Synthèse

Bien qu’elles soient évitables et traitables, les MTN continuent de représenter un lourd fardeau pour plus d’un milliard d’habitants de la planète parmi les plus vulnérables et défavorisés.

Ce quatrième rapport d’avancement relatif à la Déclaration de Londres montre que nous sommes en bonne voie pour atteindre les objectifs fixés à l’échelle mondiale.

Ce quatrième rapport d’avancement relatif à la Déclaration de Londres montre que nous sommes en bonne voie pour atteindre les objectifs fixés à l’échelle mondiale et pour améliorer les conditions de vie des populations touchées par les 10 maladies tropicales négligées concernées, ou à risque de les contracter. Quatre éléments attestent ce constat :

  1. Nous nous appuyons sur un partenariat robuste et unique dans le domaine de la santé internationale ;
  2. Nous disposons de meilleurs outils et données pour cibler les programmes et atteindre les populations qui ne sont pas encore prises en charge ;
  3. Nous bénéficions de dons de médicaments généreux de la part de nos partenaires de l’industrie pharmaceutique pour soigner et prévenir ces maladies invalidantes ;
  4. Les programmes nationaux progressent de manière significative vers l’atteinte de leurs objectifs dans les zones difficiles d’accès, une réussite sur laquelle ils peuvent s’appuyer pour aller de l’avant.
  1. Un programme de santé internationale diversifié et ouvert axé sur les maladies de l’inégalité

    En janvier 2012, une coalition réunissant des organisations internationales de santé, des groupes pharmaceutiques, des organisations philanthropiques, des bailleurs et les pays d’endémie concernés ont signé la Déclaration de Londres qui les engage à contrôler, éliminer et éradiquer 10 MTN, un tournant décisif dans la lutte contre ces maladies. Alors que se profile le 5e anniversaire de la Déclaration en 2017, il sera essentiel d’exploiter et de renforcer ces partenariats pour poursuivre sur la voie de la réussite.

    Si on ne s’attaque pas aux maladies tropicales négligées, plus d’un milliard de personnes parmi les plus vulnérables et les plus démunies de la planète seront laissées pour compte des progrès attendus en matière de développement au cours des 15 prochaines années

    En septembre 2015, grâce à l’appui et à l’engagement des multiples partenaires, la lutte contre les MTN a bénéficié d’un nouvel élan avec la signature des Objectifs de développement durable (ODD) par les Nations unies. Pour la première fois, les MTN sont spécifiquement citées dans l’Agenda pour le développement en tant que sujet d’importance mondiale, dans le cadre de l’Objectif n°3.

    Contrairement aux Objectifs du Millénaire qui les ont précédé, les ODD sont renforcés par l’engagement pris par les dirigeants mondiaux de ne « laisser personne de côté » s’agissant des progrès attendus en matière de développement durant les 15 prochaines années. L’équité et la justice constituant le fondement des nouveaux objectifs mondiaux, les MTN font partie inhérente de cet Agenda. De fait, si on ne s’attaque pas à ces maladies, plus d’un milliard de personnes parmi les plus vulnérables et les plus démunies seront laissées de côté, les plus pauvres parmi les pauvres, qui vivent dans les lieux les plus reculés et difficiles d’accès de la planète.

  2. À mesure que le programme MTN a pris de l’ampleur, il a aussi gagné en finesse, grâce à la collecte de données et à la mise au point de nouvelles technologies pour atteindre les populations non prises en charge.

    Par définition, les MTN sont présentes dans des régions parmi les plus reculées et inaccessibles de la planète. Sans données précises, il nous est tout simplement impossible de savoir où intervenir. En cartographiant les zones de prévalence des MTN, nous pouvons identifier précisément les populations à risque et où elles vivent, et celles qui ne le sont pas, en améliorant ainsi l’efficacité des programmes pour atteindre des populations qui comptent parmi les plus marginalisées de la planète. Des données de meilleure qualité sur la répartition des maladies et la progression des programmes permettent aux partenaires de définir leurs cibles de manière plus stratégique, en affectant leurs moyens là où les besoins sont les plus pressants.

    Des données de meilleure qualité sur la répartition des maladies et la progression des programmes permettent aux partenaires de définir leurs cibles et d’affecter leurs moyens de manière plus stratégique là où les besoins sont les plus pressants

    Ainsi, le Projet de cartographie mondiale du trachome (Global Trachoma Mapping Project – GTMP) qui vient de s’achever a permis d’établir que des interventions de santé publique sont nécessaires pour éliminer le trachome dans des zones précédemment classées comme « présumées endémiques » où vivent 100 millions de personnes. Ces résultats viennent doubler le nombre de personnes déjà identifiées comme nécessitant d’être traitées contre le trachome, avec un total de 200 millions de personnes aujourd’hui à risque dans le monde, et complètent la base de référence mondiale des districts confirmés comme étant présumés endémiques. Environ 38 % des populations à risque vivent en Éthiopie, l’un des pays qui enregistrent la plus forte prévalence du trachome dans le monde. En revanche, les résultats des enquêtes menées au Laos et au Cambodge, des pays jusque-là considérés comme endémiques, ont montré que le trachome ne constituait plus un problème de santé publique dans ces deux pays, qui ne nécessiteront donc plus de prise en charge à grande échelle.

    Grâce aux cartes précises qui indiquent où les MTN sont présentes et quelles populations sont affectées, les autorités de santé des pays endémiques disposent de données de référence pour décider à quelle maladie s’attaquer, et mobiliser leurs ressources et les dons de médicaments plus efficacement.

    De nouveaux outils sont en train de se généraliser rapidement, qui permettent d’identifier les populations à risque et de dispenser les traitements préventifs et curatifs pour contrôler et, à terme, éliminer les MTN. C’est le cas par exemple du nouveau test diagnostique de la filariose lymphatique (FL) qui améliore la planification des stratégies de contrôle. L’efficacité du programme d’élimination de la FL était en effet menacée par la présence d’une seconde infection parasitaire, la loase ou filariose à Loa Loa. Il est trop risqué de prescrire le traitement conventionnel à l’ivermectine aux patients atteints des deux maladies à cause de leur niveau élevé d’infection. La capacité des outils de diagnostic existants à différencier les deux pathologies étant limitée, on ne pouvait prescrire aucun traitement adéquat aux patients. De nouveaux outils plus performants permettent désormais aux intervenants partout dans le monde de faire des diagnostics plus précis, et 40 millions de personnes supplémentaires ont ainsi pu accéder à des traitements sûrs et efficaces.

  3. Le plus grand partenariat public-privé, qui fournit plus d’un milliard de traitements chaque année

    Les efforts internationaux visant à contrôler et éliminer les MTN représentent l’une des plus grandes initiatives de santé publique jamais menées. Pour la seule année 2015, les groupes pharmaceutiques ont donné selon les estimations 2,4 milliards de comprimés –de quoi dispenser plus d’1,5 milliard de traitements pour prévenir et traiter les MTN – soit une augmentation de 11,7 % par rapport à l’année précédente. L’un des plus grands programmes de santé publique du monde doit donc sa réussite à un système de dons de médicaments d’ampleur véritablement planétaire. Grâce aux contributions généreuses des partenaires de l’industrie pharmaceutique, les programmes de chimioprévention offrent un excellent rapport coût-efficacité, et constituent de ce fait d’un des investissements les plus rentables dans le domaine du développement.

    Pour la seule année 2015, les groupes pharmaceutiques ont donné selon les estimations 2,4 milliards de comprimés, de quoi dispenser plus d’1,5 milliard de traitements pour prévenir et traiter les MTN

  4. Les pays obtiennent déjà des progrès significatifs, avec des avancées majeures en matière de santé publique.

    Depuis 2012, l’effet catalytique de la Déclaration de Londres a permis à un nombre croissant de pays d’endémie d’atteindre leurs objectifs d’élimination, et le nombre de personnes qui reçoivent le traitement dont elles ont besoin n’a jamais été aussi important. Un chiffre record a été atteint en 2014 : 1,1 milliard de traitements ont été dispensés, correspondant à la prise en charge de 858 millions de personnes. Tous les programmes qui font appel à l’administration massive de médicaments (AMM) sont en hausse pour l’année 2014, avec un taux de couverture qui pour la première fois dépasse légèrement 50 %. La filariose lymphatique a enregistré la plus forte progression avec une hausse de 40,2 à 50,7 % en un an. Au-delà de l’augmentation du nombre de personnes traitées, les programmes atteignent également les objectifs programmatiques.

    Le nombre total de personnes nécessitant une prise en charge a diminué de 230 millions entre 2012 et 2014, en grande partie parce que les critères conditionnant l’arrêt des traitements médicamenteux de masse étaient satisfaits pour le trachome et la filariose lymphatique.

    Le nombre total de personnes nécessitant une prise en charge a diminué de 230 millions entre 2012 et 2014, en grande partie parce que les critères conditionnant l’arrêt des traitements médicamenteux de masse étaient satisfaits pour le trachome et la filariose lymphatique

    Sur les 73 pays endémiques pour la filariose lymphatique, 18 ont arrêté l’AMM (8 sur 58 pour le trachome), et sont en phase de surveillance post-AMM ; 22 pays sont par ailleurs en bonne voie pour atteindre l'objectif 2015 d’élimination en tant que problème de santé publique d’ici 2020. Quatre des six pays d’endémie ont atteint l’objectif d’élimination de l’onchocercose sur le continent américain, la maladie ne subsistant aujourd’hui que dans les communautés Yanomami reculées des zones frontalières situées entre le Brésil et le Venezuela. Le programme africain est le seul qui a réussi à atteindre sa cible de couverture.

    Progression concernant les maladies qui nécessitent une prise en charge intensifiée

    De gros progrès ont été faits également dans ce domaine. Le nombre de cas de trypanosomiase humaine africaine (maladie du sommeil) et de leishmaniose viscérale continue de baisser à mesure que les programmes traitent les cas restants, et les cas de dracunculose (maladie du ver de Guinée) n’ont jamais été si peu nombreux.

    1,1 milliard de traitements ont été dispensés en 2014, soit 858 millions de personnes prises en charge

    • Moins de 3 000 nouveaux cas de trypanosomiase humaine africaine ont été identifiés en 2015, le plus faible niveau enregistré depuis 70 ans. Concernant cette maladie, on est passé d’un objectif de contrôle à celui de l’élimination en tant que problème de santé publique en 2012.
    • Une réduction moyenne de 75 % du nombre de cas de leishmaniose viscérale a été observée au Bangladesh, en Inde et au Népal, avec 10 209 cas recensés, soit le plus faible niveau atteint depuis l’établissement de la cible d’élimination de cette maladie en tant que problème de santé publique. Le nombre de cas signalés en Afrique a été beaucoup plus faible, aucune flambée de la maladie n’ayant été rapportée.
    • La prévalence de la dracunculose est à son plus bas niveau historique, avec 22 cas recensés en 2015, ce qui nous rapproche encore davantage de l’objectif d’éradication de la toute première maladie parasitaire.

Priorités de progression

La communauté internationale de lutte contre les MTN continue à enregistrer une progression impressionnante vers l’atteinte des objectifs de la feuille de route. Cela étant, les étapes intermédiaires étant plus ambitieuses, nous devons redoubler d’efforts pour parvenir à nos fins. Parallèlement, nous avons appris des défis qui se sont présentés à nous et développé des outils pour mieux cibler les programmes afin d’atteindre les populations les plus marginalisées. Nous nous sommes engagés par rapport à des objectifs ambitieux pour concrétiser la vision de la feuille de route MTN, et le programme de dons de médicaments ne suffira pas à lui seul à répondre à ces enjeux : il faut étendre le taux de couverture et la portée des programmes, et ce pour toutes les maladies.

Étendre les interventions dans les pays où la charge de morbidité est la plus importante

Combler les écarts au niveau du taux de couverture thérapeutique

L’ampleur impressionnante du programme MTN est porteuse d’inspiration et on observe une progression régulière depuis 2012. Comme le montre le graphique ci-dessous, cette tendance s’est accélérée en 2014 avec une courbe qui s’accentue par rapport à 2013. Mais pour atteindre les objectifs fixés à l’échelle mondiale, nous devrons continuer à ajuster cette courbe, et accélérer les progrès.

Pour atteindre les cibles à l’horizon 2020, il faudrait atteindre un taux de couverture de 75 % d’ici fin 2015. Même si toutes les données 2015 ne sont pas encore disponibles, cet objectif a peu de chances d’être atteint. En tant que membres de la communauté MTN, il nous revient d’identifier les principaux obstacles aux avancées ainsi que les solutions requises. Nous devons agir sur différents fronts tels que la mobilisation des ressources domestiques, l’élargissement du nombre de bailleurs, l’efficacité accrue de nos programmes et l’élaboration de nouvelles approches là où elles sont nécessaires.

À quelques mois du 5e anniversaire de la Déclaration de Londres, nous restons investis dans l’expansion des programmes pour que personne ne soit laissé de côté. Pour ce faire, notre partenariat devra s’étoffer, apporter des solutions innovantes, et solliciter de nouveaux partenaires et de nouvelles ressources.

Faire régresser la carte des MTN

Avec plus d’un milliard de personnes ciblées par l’administration de masse de médicaments pour éliminer les MTN, les programmes menés dans les pays d’endémie sont confrontés à des difficultés pratiques sur le plan opérationnel. Ces difficultés liées à l’ampleur de la tâche tiennent notamment au fait de savoir quand débuter ou mettre fin à une campagne d’AMM, qui tester et traiter et comment s’assurer de la réussite du programme.

En moyenne, 1 personne a été examinée toutes les 40 secondes durant les trois années du projet GTMP

Qui doit-on traiter ?

Les programmes de lutte contre les maladies tropicales négligées identifient de nouvelles manières d’atteindre les populations non prises en charge. Des systèmes de cartographie détaillée des maladies aident à déterminer précisément qui est à risque, qui ne l’est pas et où se trouvent ces différentes populations. Faute de données de cartographie précises, il est difficile de cibler les interventions. Deux programmes majeurs de cartographie fournissent les données critiques nécessaires pour cibler les populations qui ont besoin d’être traitées et pour atteindre les objectifs de la feuille de route : le projet de cartographie mondiale du trachome (GTMP) et le projet du bureau de l’OMS en Afrique « Shrinking the Map » (Faire régresser la carte des MTN).

Le projet de cartographie mondiale du trachome (GTMP)

Ce projet pionnier de cartographie mondiale du trachome (GTMP), financé en grande partie par le gouvernement britannique (DfID), avec une contribution de la coopération américaine (USAID), a fait une utilisation novatrice de la technologie mobile pour la collecte des données MTN à grande échelle.

Le GTMP s’est achevé en décembre 2015, après avoir cartographié 1 627 districts en trois ans. Plus de 2,6 millions de personnes ont été examinées dans les 29 pays concernés (16 en Afrique sub-saharienne, 3 au Moyen-Orient et en Afrique du Nord, 8 en Asie et dans la région Pacifique et 2 sur le continent américain), ce qui représente une base de population de 224 millions de personnes. Plus de 60 millions de données ont été traitées. En moyenne, 1 personne a été examinée toutes les 40 secondes durant les trois années du projet. L’une des clés de la réussite de ce programme a été l’utilisation des mêmes systèmes et technologies standardisés dans 95 % des districts cartographiés (soit 1 546) des 29 pays.

L’équipe GTMP a travaillé avec les ministères de la santé et les partenaires des ONG pour développer des protocoles d’échantillonnage, et fourni des supports de formation et des conseils d’experts pour faciliter les ateliers de formation. Elle a aussi assuré le traitement et le nettoyage des données tout en apportant une supervision et une aide techniques (avec l’appui de l’OMS) durant le processus.

Le projet GTMP a permis de déterminer que 100 millions de personnes sont à risque de contracter le trachome cécitant, le double de la population déjà identifiée comme ayant besoin d’être traitée, ce qui représente désormais un total de 200 millions de personnes à risque. Environ la moitié vit en Éthiopie, l’un des pays qui enregistrent l’une des plus fortes prévalences du trachome dans le monde.

Bien que le projet GTMP soit désormais achevé, les systèmes existent toujours et continueront d’être une plateforme pour l’établissement des cartographies de référence et la réalisation d’études d’impact et de surveillance jusqu’à ce que le nouveau système baptisé « Tropical Data » soit opérationnel en 2016. Ce nouveau système a déjà permis de faciliter la réalisation de cartographies de prévalence du trachome en Guinée, en République démocratique du Congo et en Zambie.

Faire régresser la carte des MTN en Afrique

Ce projet de cartographie des MTN mené par le bureau de l’OMS en Afrique est le projet d’évaluation le plus important mené sur ce continent pour établir la prévalence des MTN qui peuvent être traitées par chimioprévention. Associé au projet de cartographie du trachome, il permettra d’obtenir une vision complète des besoins en chimioprévention d’ici fin 2016.

L’une des innovations du projet du bureau de l’OMS en Afrique a été l’utilisation de nouveaux outils de diagnostic extrêmement sensibles ayant la capacité de détecter de faibles niveaux d’infection. Plus d’1,2 million de kits de diagnostic ont été fournis aux pays pour réaliser la cartographie. Ces outils nécessitent une formation minime et des ressources limitées, répondant à deux contraintes d'intervention majeures dans la région.

Des progrès remarquables ont été accomplis vers l’objectif « Zéro MTN non cartographiée » en Afrique. Dans le cadre de ce projet, 41 % des pays (représentant 87 % du continent africain) ont été cartographiés pour la filariose lymphatique, la schistosomiase et les géohelminthiases, les derniers pays (soit 13 % du territoire) étant en bonne voie pour être cartographiés en 2016. Depuis le début du projet, 3 267 enquêtes ont été réalisées dans 29 pays pour la filariose lymphatique, la schistosomiase, les géohelminthiases et l’onchocercose. Fin décembre 2015, 531 enquêtes restaient à mener pour la filariose lymphatique, la schistosomiase et les géohelminthiases.

Les progrès réalisés depuis le démarrage du projet se traduisent par une réduction de plus de 90 % du nombre de pays où subsistaient des lacunes au niveau de la cartographie de la filariose lymphatique, de 80 % pour la schistosomiase et les géohelminthiases et de 50 % pour l’onchocercose.

Le bureau de l’OMS en Afrique travaille actuellement à la mise en place d’une base de données solide et d’un portail qui devrait être opérationnel en 2016. Ce portail cartographique permettra d’accéder aux résultats des enquêtes par le biais d’une plateforme interactive. Les programmes nationaux et les intervenants pourront ainsi accéder à des données de très bonne qualité pour améliorer leur prise de décision et les interventions MTN.

L’énorme quantité de données collectée grâce aux nouveaux outils diagnostiques permettra d’affiner ces derniers pour les rendre plus utiles à la surveillance, et pour conseiller les responsables des programmes par rapport à l’expansion des campagnes de traitements médicamenteux de masse ou à l’évolution des politiques et stratégies programmatiques.

État de la cartographie avant et après la mise en place du projet de cartographie des MTN DU BUREAU DE L'OMS EN AFRIQUE

  • Avant

    Cartographie achevée 17
    Cartographie incomplète 30

    *Les MTN ciblées sont la filariose lymphatique, la schistosomiase et les géohelminthiases

  • Après

    Cartographie achevée 41
    Cartographie en cours 2
    Cartographie sur le point de débuter 4

    Janvier 30, 2016

    *Targeted NTDs refer to Lymphatic Filariasis, Schistosomiasis and Soil-Transmitted Helminths

Assurer l’élimination à l’aide d’outils ciblés

Des techniques et tests diagnostiques plus précis favorisent la réussite des programmes. Ainsi, les tests permettant d’identifier la filariose lymphatique sont par exemple plus sensibles et d’un meilleur rapport coût-efficacité aujourd’hui, grâce au partenariat entre le monde universitaire, les organisations philanthropiques, les groupes pharmaceutiques et les organisations gouvernementales et non gouvernementales.

Grâce à de nouveaux outils, le service MTN du ministère de la Santé tanzaniena pu réduire de 19 millions la population devant bénéficier d’un traitement médicamenteux de masse, ce qui représente des économies potentielles se chiffrant à plusieurs millions de dollars en dépenses programmatiques et de médicaments

La précision des tests est un élément particulièrement important pour aider les pays d’endémie à piloter les différentes étapes recommandées par le Programme mondial pour l’élimination de la filariose lymphatique : le démarrage des campagnes d’AMM, leur arrêt et la phase de surveillance pour s’assurer que la transmission a été interrompue.

Le test de diagnostic actuellement utilisé présentait des problèmes de coût, de durée de conservation et de fiabilité. L’élaboration d’un nouveau test permet aujourd’hui aux programmes de détecter les antigènes de la FL dans le sang avec davantage d’exactitude et à moindre frais. Cette bandelette de test a été validée par le comité scientifique et technique de l’OMS pour utilisation par les programmes nationaux, avec des supports de formation élaborés à leur intention en anglais, en bahasa, en français et en portugais.

Si la recherche de terrain a également permis d’améliorer la cartographie, les résultats obtenus sont parfois incertains d’où la nécessité de développer de nouveaux outils pour délimiter les zones de transmission de la maladie. Une stratégie de confirmation des résultats de la cartographie a donc été développée, une approche qui donne des résultats prometteurs en termes de réduction des coûts, du temps, de la quantité de médicaments et des moyens humains associés au démarrage d’une campagne d’AMM. Grâce à cette nouvelle stratégie adoptée pour les enquêtes, il a été établi que le nombre de personnes ayant besoin d’une prise en charge était inférieur à l’estimation initiale au Bangladesh, en République démocratique du Congo, en Éthiopie, en Érythrée et en Tanzanie.1

En Tanzanie par exemple, le service MTN du ministère de la Santé a ainsi pu réduire de 19 millions la population devant bénéficier d’une AMM, ce qui représente des économies potentielles se chiffrant à plusieurs millions de dollars grâce aux économies réalisées sur les dépenses programmatiques et de médicaments.

Ces évolutions font partie des nombreuses avancées issues des recherches opérationnelles qui révèlent à quel point une démarche coordonnée entre partenaires peut apporter une réponse forte aux problèmes rencontrés par les programmes dans les pays d’intervention. Avec les bons outils en main, les pays d’endémie sont en capacité de mener les programmes de manière précise et efficace, en progressant vers l’élimination des MTN.

  1. OMS. Relevé épidémiologique hebdomadaire; vol. 80. 38 (pp. 489-504). Genève : Organisation mondiale de la santé ; 2015 (http://www.who.int/wer/2015/wer9038/en/ consulté le 21 avril 2016).

Contre toute attente, le Soudan du Sud est en passe d’éradiquer la maladie du ver de Guinée

Dr Makoy Yibi logora, responsable du programme national au Soudan du Sud, présente cette étude de cas qui illustre comment atteindre les populations les plus difficiles d’accès.

Densité de population : seulement 13 habitants au km2 en moyenne

La république du Soudan du Sud, le plus jeune pays d’Afrique né après plus de 20 ans de conflits, est un territoire enclavé entouré de l’Éthiopie à l’est, du Kenya au sud-est, de l’Ouganda au sud, de la République démocratique du Congo au sud-ouest, de la République centrafricaine à l’ouest et du Soudan au nord. Si le pays a une superficie proche de celle du Texas, soit deux fois celle du Royaume-Uni, c’est l’un des moins densément peuplés d’Afrique sub-saharienne, avec une moyenne de seulement 13 habitants au kilomètre carré. Sur ce vaste territoire, les programmes de santé publique et les services qui leur sont associés peinent à atteindre les populations rurales qui restent isolées à cause d’un réseau routier composé en grande partie de pistes souvent impraticables pendant la saison des pluies.

Dans ce contexte, la réussite du ministère de la santé du Soudan du Sud – qui est en passe de gagner la bataille contre le ver de Guinée – est d’autant plus remarquable. Ce pays rejoindra bientôt la liste des pays certifiés exempts de cette maladie. Lorsque tous les pays d’endémie auront été déclarés exempts, elle sera la seconde maladie humaine jamais éradiquée, après la variole, et la toute première maladie parasitaire à être éradiquée sans le recours à un vaccin ou à des médicaments.

Une maladie horrible, douloureuse et invalidante

La maladie du ver de Guinée, ou dracunculose, est une maladie parasitaire invalidante transmise via de l’eau contaminée par la présence de minuscules crustacés qui hébergent les larves du ver de Guinée. Elle prospère dans les zones de pauvreté, où les systèmes d’assainissement sont rares et où les habitants sont obligés de consommer de l’eau stagnante et de s’y laver. Ce sont en général des zones extrêmement reculées caractérisées par un manque d’infrastructures et un faible niveau d’alphabétisation et d’éducation à propos des maladies et de leur transmission.

Quand une personne avale de l’eau contaminée, les sucs gastriques dissolvent le crustacé mais n’ont aucun effet sur les larves, qui gagnent ensuite l’intestin grêle, traversent la paroi de l’intestin et sont disséminées dans le corps. Au cours des 10 à 14 mois qui suivent, le ver femelle se développe pour atteindre 60 à 100 cm de long et migre vers le site où elle va finalement émerger, en général au niveau des membres inférieurs. Pour pouvoir émerger, le ver de Guinée provoque une lésion sur la peau qui débute avec la formation d’une cloque qui déclenche une sensation de brûlure extrêmement douloureuse, et qui conduit à la perforation de la peau dans un délai de 24 à 72 heures. Une fois qu’un ver a commencé à émerger, on doit l’extraire soigneusement et complètement, un processus qui prend plusieurs semaines. La plaie provoque souvent une surinfection, ce qui augmente la période pendant laquelle la personne atteinte ne peut pas reprendre ses activités normales. Si le ver n’est pas extrait de manière adéquate, il peut en résulter d’autres infections bactériennes, une septicémie et un handicap définitif.

Il n’existe ni traitement, ni vaccin contre la dracunculose. La seule solution consiste à réduire la charge de morbidité de cette maladie en soignant les personnes infectées et en évitant qu’elles ne transmettent la maladie aux autres.

Depuis 2006, le Soudan du Sud opère un programme d’éradication du ver de Guinée (Guinea Worm Eradication Program – SSGWEP) qui a enregistré d'incroyables résultats. En 2006, 20 581 cas avaient été signalés dans 35 districts et comtés endémiques. En 2015, seulement 5 cas ont été rapportés dans seulement 5 villages de 4 États, ce qui représente une baisse cumulée de 99,98 % des cas de dracunculose.

En 2015, seulement cinq cas ont été rapportés dans 5 villages de seulement 4 États, alors que 20 581 cas avaient été recensés dans 35 districts au début du programme en 2006

La stratégie du SSGWEP est axée sur la mise en place d’un système de surveillance au niveau communautaire qui permet de détecter tous les cas de la maladie dans les zones endémiques et à haut risque du pays, tout en établissant un système d’intervention efficace pour interrompre le cycle de la transmission. Ceci n’est pas une mince affaire pour un pays deux fois plus grand que le Royaume-Uni, dont les infrastructures sont beaucoup plus réduites. Une grande partie des zones où les populations contractent la maladie ne sont accessibles qu’à pied.

Comment met-on en œuvre une stratégie de ce type et en quoi consiste exactement le volet « prévention » ? Les réponses sont extrêmement simples et d’un excellent rapport coût-efficacité. Cette démonstration exemplaire de la lutte contre les MTN a été décrite comme « l’une des mesures les plus économiquement rentables en matière de santé publique ».

L’élément central de la stratégie est le système de surveillance communautaire dans le cadre duquel les actions sont menées par des villageois volontaires désignés par les habitants à qui l’on enseigne comment diagnostiquer et signaler les cas de dracunculose. Ce système de surveillance crée un réseau d’intervenants qui peuvent assurer un suivi, traiter ou faire transférer les personnes atteintes vers des centres conçus par le programme pour traiter la maladie dans des conditions d’isolement. Le Carter Centre – la principale organisation qui travaille avec le ministère de la Santé pour interrompre le cycle de transmission de la maladie et préparer le programme à la certification – opère un système de récompense financière bénéficiant d’une large promotion qui constitue pour les villageois une incitation supplémentaire à la détection des symptômes de la maladie, à la surveillance des zones où des personnes sont infectées, et au signalement de toute rumeur de présence de la maladie.

La réussite et la capacité du programme n’auraient pas été possibles sans collaboration et sans des partenariats solides. Ces partenariats ont contribué à organiser la formation des villageois volontaires, à sensibiliser aux comportements favorisant le recours aux soins, et à fournir les récompenses financières via les enseignants, les travailleurs de santé et la Croix-Rouge au Soudan du Sud.

Les bénéfices de cette approche ne se limitent pas à l’énorme succès rencontré dans la lutte contre la maladie du ver de Guinée au Soudan du Sud mais se manifestent aussi au niveau du renforcement des systèmes de santé locaux et régionaux. En mobilisant les partenaires et en investissant dans le renforcement des capacités locales de diagnostic, de traitement et de surveillance, les projets comme celui-ci montrent qu’il sera possible d’éliminer des MTN de notre vivant.

En mobilisant les partenaires et en investissant dans le renforcement des capacités locales de diagnostic, de traitement et de surveillance, les projets comme celui-ci montrent qu’il sera possible d’éliminer les MTN de notre vivant

tableau de bord

See about the scorecard

Tableau de bord

Le tableau de bord a été créé suite à la Déclaration de Londres en janvier 2012. Les indicateurs et étapes intermédiaires sont compilés à partir des données de l’OMS et des partenaires pour suivre la progression par rapport aux objectifs de la feuille de route de l’OMS.

De nouvelles étapes intermédiaires ont dû être définies par l’OMS ou les partenaires dans certains cas. Le groupe de travail des parties prenantes (Stakeholders Working Group – SWG) se réunit chaque année pour examiner la progression de divers indicateurs en se basant sur les données disponibles les plus récentes et définit un score exprimant le statut de progression vers l’atteinte de l’objectif OMS à l’aide d’un code couleur : vert (en bonne voie), jaune (retard mais devrait de nouveau être en bonne voie avec des mesures de rattrapage et une vigilance) ou rouge (retard, les objectifs ne seront pas atteints sans interventions significatives). La couleur ne constitue pas un jugement du programme mais plutôt un signal appelant à agir quand une attention supplémentaire sera nécessaire pour atteindre les objectifs.

La couleur ne constitue pas un jugement du programme mais plutôt un signal appelant à agir quand une attention supplémentaire sera nécessaire pour atteindre les objectifs

Dans ce quatrième tableau de bord, le Groupe de travail constate une bonne progression et une trajectoire plus positive, mais a également noté que les objectifs spécifiques n’avaient pas été atteints pour certaines maladies. À quatre ans seulement de la date butoir de 2020, ce tableau de bord reflète la nécessité d’intervenir de manière significative : trois maladies sont passées du jaune au rouge, deux sont passées du vert au jaune et cinq ont conservé le même score. Il faudra mobiliser des moyens supplémentaires conséquents pour que l’expansion des interventions puisse se poursuivre.

Nous accueillons ces défis et avons hâte de continuer à œuvrer ensemble à l’exécution de notre mission ambitieuse pour atteindre les objectifs 2020, tout en identifiant les solutions à certaines difficultés rencontrées par les programmes nationaux au niveau de la mise en œuvre.

Voir le tableau de bord annuel

QUATRIÈME TABLEAU
DE PROGRESSION

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Légende

  1. Atteinte ou léger retard ; ou 90 à 100 % des traitements demandés sont expédiés
  2. Retard mais qui devrait être rattrapé ; ou 80 à 89 % des médicaments demandés sont expédiés
  3. Retard, nécessitant une action supplémentaire ; ou 0 à 79 % des médicaments demandés sont expédiés
  4. Étapes en cours d’élaboration
  5. Sans objet

Synthèse par maladie

Filariose lymphatique

2012 2
2013 2
2014 2
État actuel 2

La filariose lymphatique (FL) est une maladie transmise par un moustique causée par des vers parasitaires qui endommagent le système lymphatique humain. Elle peut provoquer un gonflement sévère et parfois très grand des membres inférieurs (lymphœdème), qui peut être accompagné d’épisodes douloureux de fièvre. Les personnes atteintes de lymphœdème sont sujettes à des infections bactériennes qui peuvent conduire à une condition de mobilité-limite où la peau épaissit et durcit (éléphantiasis). Chez les hommes, la FL peut également entraîner un tuméfaction du scrotum (hydrocèle). La FL afflige les communautés les plus pauvres, ce qui empêche les personnes affectées de vivre une vie de travail et sociale productive, les maintenant dans le cycle de la pauvreté.

La couverture thérapeutique de la FL affiche la plus forte progression de toutes les maladies traitées par AMM pour l’année 2014 (de 40,7 % à 50,2 %), avec le plus grand nombre de personnes touchées de par le monde. Certains programmes FL commencent à réduire l’ampleur de leurs opérations après avoir atteint leurs objectifs d’élimination. Le projet de cartographie mondiale et l’utilisation d’un outil diagnostique plus sensible et plus spécifique ont permis de réduire le nombre de personnes nécessitant un traitement. Les résultats des recherches menées sur l’efficacité de la trithérapie pourraient conduire à une réduction de la durée du traitement chez les populations des zones endémiques. Malgré un appui aux programmes important, et les conseils de l’Alliance mondiale pour l’élimination de la filariose lymphatique et du groupe des ONG de développement axé sur cette maladie, le problème de la parité entre le taux de couverture et les ressources internationales persiste. L’approvisionnement en médicaments et la recherche en matière de FL sont en progression. Cette maladie a globalement été classée jaune dans la mesure où l’expansion à grande échelle n’a pas été suffisante, et le taux de couverture prévu pour 2015 ne sera pas atteint. De nouveaux indicateurs et objectifs intermédiaires devraient être définis et permettront de mieux évaluer les avancées notamment par rapport à l’expansion et aux indicateurs permettant de réduire l’ampleur des interventions.

Étapes de couverture et d’impact 2
Étapes de soutien des programmes 2
Demandes de médicaments remplies 1
Recherche 1

Onchocercose

2012 1
2013 2
2014 2
État actuel 3

L’onchocercose (ou cécité des rivières) est une maladie causée par une infection provenant d’un ver parasitaire transmis par la mouche noire, qui se reproduit dans les rivières et des cours d’eau à courant rapides. Les vers adultes produisent des larves (microfilaires) qui migrent vers la peau, aux yeux et à d’autres organes, et peuvent provoquer des démangeaisons débilitantes, des pathologies défigurant la peau, et des pertes visuelles (y compris la cécité irréversible) au fil du temps. L’onchocercose peut donc avoir un impact énorme sur la vie des personnes infectées, réduisant leur capacité à travailler et à apprendre.

Le programme de lutte contre l’onchocercose a enregistré le taux de couverture le plus important de toutes les maladies reposant sur la chimioprévention. En 2009, l’objectif global pour cette maladie est passé du statut de contrôle de la maladie à celui de l’élimination, ce qui a augmenté la population formant la base de calcul, d’où une progression limitée du taux de couverture. La cartographie établie par rapport aux nouveaux critères pourrait se traduire par une nouvelle hausse de la base de calcul, ce qui réduira d’autant le taux de couverture et augmentera la durée des interventions nécessaires pour arriver au stade de l’élimination. Le passage du statut de contrôle de la maladie à celui de l’élimination nécessitera aussi une révision des étapes intermédiaires et des cibles annuelles.

L’OMS a préparé des directives sur la marche à suivre pour arrêter l’AMM en toute sécurité et vérifier le stade d’élimination, qui devraient être diffusées et mises en œuvre par les pays concernés. L’objectif d’élimination de la maladie sur le continent américain et au Yémen établi dans la feuille de route pour l’année 2015 n’a pas été atteint. Bien que de gros progrès aient été faits en Amérique latine, la difficulté d’accès aux populations Yanomami du Brésil et du Venezuela reste problématique. Les enjeux de sécurité au Yémen ont retardé la progression vers l’atteinte des objectifs d’élimination. L’arrêt de l’APOC, le programme africain de lutte contre l’onchocercose, est préoccupant dans la mesure où le nouveau programme spécial élargi d’élimination des MTN en Afrique (ESPEN) n’a pas encore été lancé. Son objectif est de faciliter la coordination des activités programmatiques de maintien et d’expansion aux nouvelles zones où des traitements doivent être dispensés. L’approvisionnement en médicaments répond pleinement à la demande mais les pays devront étendre leurs activités plus rapidement pour atteindre l’objectif d’élimination de la maladie, et le programme de recherche devra être réorienté par rapport à cet objectif d’élimination. Compte tenu du fait que les cibles n’ont pas été atteintes pour l’année 2015, et que le programme est en phase de transition en Afrique, cette maladie est globalement classée rouge. Le nouveau programme ESPEN devrait contribuer à établir de nouvelles étapes intermédiaires pour garantir la réussite du programme.

Étapes de couverture et d’impact 2
Étapes de soutien des programmes 3
Demandes de médicaments remplies 1
Recherche 2

Schistosomiase

2012 2
2013 3
2014 3
État actuel 3

La schistosomiase (ou bilharziose) est une maladie infectieuse tropicale que les gens peuvent contracter quand ils entrent en contact avec de l’eau douce contaminée par certains escargots portant les parasites causant la maladie, qui pénètrent la peau et migrent à travers le corps. L’infection affecte principalement le système urinaire ou intestinal, provoquant une mauvaise santé chronique et, dans certains cas, la mort. Le manque d’hygiène et les activités comme la natation ou la pêche font que ce sont les enfants d’âge scolaire qui sont les plus vulnérables à l’infection, dont les conséquences sont la malnutrition, l’absentéisme et des troubles du développement. Les enfants souffrant d’infections de schistosomiase graves et persistantes sont également susceptibles d’avoir des maladies chroniques irréversibles plus tard dans la vie, comme des cicatrices (fibrose) du foie, le cancer de la vessie, ou une insuffisance rénale.

De gros progrès ont été faits l’an passé concernant le contrôle de la maladie, sur plusieurs fronts : organisation au niveau communautaire, engagement à élaborer de nouveaux indicateurs, nouveaux pays ayant commencé la chimioprévention, dons de médicaments qui ont atteint l’objectif 2015 de 100 millions de comprimés, et quasi-achèvement de la cartographie. Mais globalement, cette maladie a été classée rouge pour plusieurs raisons. Si le taux de couverture et l’impact ont progressé dans les pays qui appliquent la chimioprévention, ces composantes affichent encore les résultats les plus faibles globalement pour cette maladie par rapport aux autres maladies traitées par chimioprévention. Les objectifs 2015 d’élimination n’ont été atteints nulle part, et aucune recommandation n’est disponible pour confirmer si le stade d’élimination de la maladie a été atteint. Les laboratoires Merck ont honoré leur promesse et atteint l’objectif 2015 de donner 100 millions de comprimés, mais le volume de médicaments nécessaire pour atteindre les objectifs MTN de la feuille de route est supérieur aux quantités promises. Pour atteindre les objectifs d’élimination, des recherches sont nécessaires afin de déterminer comment stopper les campagnes d’AMM et mesurer le statut d’élimination. Il faudra par ailleurs apporter un appui plus important aux nouveaux pays engagés dans la mise en œuvre des programmes de lutte contre la schistosomiase.

Étapes de couverture et d’impact 3
Étapes de soutien des programmes 4
Demandes de médicaments remplies 1
Recherche 3

Géohelminthiases

2012 2
2013 2
2014 1
État actuel 1

Les Géohelminthiases (HTS, ou vers intestinaux) sont causés par un groupe de parasites intestinaux qui prospèrent dans des lieux où le sol est chaud et humide, et à l’assainissement médiocre. Les parasites les plus courants causant des HTS sont les ascaris, les trichures, et l’ankylostome. Les gens deviennent infectés après qu’ils entrent en contact avec le sol contaminé par les œufs des parasites. Les HTS réduisent la capacité du corps à absorber les nutriments et vitamines, ce qui exacerbe la malnutrition, et conduit à l’anémie, une susceptibilité accrue aux maladies infectieuses, chez d’autres un retard de croissance et des troubles du développement intellectuel. Plus la charge parasitaire de la personne affectée augmente, plus les symptômes des HTS sont évidents. La HTS est une maladie liée à la pauvreté, liée à des défis plus larges de développement communautaire, ce qui limite gravement la capacité des personnes infectées de vivre une vie pleine et productive.

On est en bonne voie pour atteindre l’objectif d’un taux de couverture des populations des zones endémiques de 75 % d’ici 2020. Les 10 pays identifiés par l’OMS comme ayant une forte charge de morbidité pour ces maladies ont entamé des programmes de déparasitage, toutefois tous ne s’adressent pas pour le moment à l’ensemble des enfants d’âge scolaire. Les membres de la communauté GH ont défini des indicateurs et des objectifs intermédiaires robustes pour évaluer la progression dans les pays concernés. Les dons de médicaments continuent d’augmenter, et les donateurs sont prêts pour une expansion supplémentaire. Des recherches sont prévues pour identifier des objectifs plus ambitieux concernant l’impact des programmes et l’élaboration et la mise en place d’un suivi des stratégies de traitement alternatives en cas de résistance. Le programme de lutte contre les géohelminthiases dépend encore fortement des programmes de lutte contre la FL pour atteindre ses objectifs de couverture. Compte tenu des bons résultats affichés par le programme LF vers l’élimination de la maladie et de la réduction des traitements qui en découle, on s’inquiète d’une possible baisse du taux de couverture pour les géohelminthiases. Le groupe de travail GH recommande que soit établi un indicateur mesurant le nombre de personnes traitées pour des géohelminthiases dans le cadre des programmes FL, et que figure dans les enquêtes d’évaluation de transmission un indicateur du pourcentage des unités d’évaluation concernées incluant les géohelminthiases.

Étapes de couverture et d’impact 1
Étapes de soutien des programmes 1
Demandes de médicaments remplies 1
Recherche 2

Trachome

2012 2
2013 1
2014 1
État actuel 2

Le trachome est une maladie causée par une infection bactérienne contagieuse de l’œil souvent se propager par contact avec les mains ou des objets tels que des vêtements contaminés, et par les mouches qui entrent en contact avec les yeux ou le nez d’une personne. Le trachome commence souvent dans la petite enfance, progressant au fil des ans à mesure que les épisodes de réinfection causent l’inflammation et la cicatrisation de la paupière intérieure. Chez certaines personnes, les infections répétées endommagent les paupières (compromettant les défenses normales de la surface de l’œil), et les cils se retournent vers l’intérieur, frottant douloureusement contre la surface de l’œil (une condition appelée trichiasis). S’il n y a pas de traitement, une série de complications peut conduire à une cécité irréversible. Le trachome est directement lié à la pauvreté, et les communautés sans accès à l’eau potable ou à l’assainissement adéquat sont les plus vulnérables. La maladie a un impact dévastateur sur les moyens de subsistance, car il limite l’accès à l’éducation et empêche les individus de travailler ou de prendre soin d’eux-mêmes ou leurs familles.

Le GTMP a pris fin en décembre 2015 dans tous les districts accessibles, et la nouvelle estimation totale du nombre de personnes ayant besoin d’être traitées devrait être notablement inférieure au nombre de cas confirmés ou suspectés recensés en 2011. Le fait de savoir où sévit la maladie facilitera le ciblage des interventions thérapeutiques et la mobilisation des ressources là où un appui est requis de toute urgence. Si la quantité de traitements livrés a augmenté de manière significative suite aux demandes des pays d’endémie, la composante « Médicaments » figure en jaune à cause d’un problème isolé de production qui a retardé l’approvisionnement en Zithromax® sur le terrain. Pfizer et les partenaires du programme de lutte contre le trachome ont travaillé ensemble en 2015 pour revoir et prioriser l’approvisionnement en médicaments de sorte que le programme mondial respecte ses objectifs en attendant le retour à la normale de la chaîne d’approvisionnement, un exemple remarquable de collaboration internationale. Le taux de couverture n’a pas été affecté, mais n’a pas progressé. Des craintes ont été exprimées quant au fait qu’il n’y ait pas les ressources suffisantes pour couvrir les besoins supplémentaires de distribution pour exécuter les volets « N » (propreté du visage) et « CE » (changement de l’environnement) de la stratégie. Cette maladie est globalement classée jaune à cause du taux de couverture faible, qui accuse encore un retard par rapport aux autres maladies traitées par chimioprévention. Malgré un partenariat et une collaboration solides et les nouvelles données cartographiques disponibles concernant le trachome, les objectifs d’élimination ne seront pas atteints si de nouveaux moyens financiers ne sont pas mobilisés pour faciliter l’expansion à grande échelle de la stratégie CHANCE dans les zones qui nécessitent des interventions de santé publique.

Étapes de couverture et d’impact 2
Étapes de soutien des programmes 1
Demandes de médicaments remplies 2
Recherche 2

Maladie de Chagas

2012 1
2013 1
2014 2
État actuel 3

La maladie de Chagas est une infection parasitaire souvent causée par le contact avec les matières fécales des insectes suceurs de sang infectés (appelés « triatomes ») qui infestent les maisons. On sait également que la maladie est transmise en mangeant des aliments contaminés par les insectes, par le biais de transfusions sanguines, par les transplantations d’organes, ou aux enfants à la naissance. Après une phase aiguë souvent bénigne de quelques semaines, avec des symptômes non spécifiques (fièvre, diarrhée, etc.) la plupart des gens vont passer une longue période sans montrer aucun signe de la maladie, et dans de nombreux cas ils ignoreront qu’ils sont malades. On estime que 30 % à 40 % des personnes infectées finiront par développer des complications graves, y compris des maladies cardiaques et l’élargissement du côlon et/ou de l’œsophage, ce qui peut handicaper et entraîner assez fréquemment la mort.

Les demandes de médicaments sont satisfaites, bien qu’on ne sache pas clairement quelle proportion des traitements nécessaires provient des dons. Les autres aspects figurent en rouge à cause de l’insuffisance des indicateurs et des données fournies aux membres du groupe de travail pour évaluer les résultats. La date retenue pour compiler les données 2015 ne correspondait pas à la date de la réunion d’évaluation de la progression. Sans connaître ces données, il n’a pas été possible d’établir si des progrès ont été faits par rapport à l’objectif 2020 d’interruption de la transmission vectorielle intra domiciliaire, ou si un ou plusieurs pays endémiques ont atteint l’objectif 2015 de stopper la transmission de la maladie par transfusion. La participation des acteurs de la communauté de lutte contre la maladie de Chagas est nécessaire pour que soient décidées des cibles appropriées concernant l’appui aux programmes, et pour que les données soient mises à disposition afin d’évaluer la progression.

Étapes de couverture et d’impact 3
Étapes de soutien des programmes 3
Demandes de médicaments remplies 1
Recherche 4

Maladie du ver de Guinée

2012 2
2013 2
2014 2
État actuel 3

La maladie du ver de Guinée (dracunculose) est une maladie parasitaire incapacitante contractée en buvant de l’eau contenant des puces infectés de larves du ver de Guinée. Une fois dans le corps, ces larves se reproduisent. En 10 à 14 mois, les larves femelles peuvent se développer en vers de quelques mètres de long, qui commencent alors à sortir de la peau à travers des cloques intensément douloureuses, habituellement sur les jambes ou les pieds, accompagnées de fièvre, nausées et vomissements. Une fois que le ver a commencé à émerger, il doit être soigneusement et complètement éliminé sur une période de plusieurs semaines. Souvent, la blessure causée développe une infection secondaire, ce qui augmente le temps nécessaire pour qu’une personne reprenne ses activités normales. Ne pas retirer le ver peut entraîner une infection bactérienne supplémentaire, ainsi que l’infection de l’ensemble du corps (septicémie) et une invalidité permanente.

Le programme mondial d’éradication de la maladie du ver de Guinée affiche une progression exceptionnelle pour l’année 2015. Le nombre de cas recensés chez l’homme a diminué de 83 % (22 cas cette année contre 126 en 2014), et le nombre de villages ayant notifié des cas a diminué de 63 % (20 cette année contre 54 en 2014). Il faut noter en particulier les progrès obtenus au Soudan du Sud. Le Ghana est le pays anciennement endémique qui a le plus récemment rejoint la liste des pays certifiés exempts de la dracunculose. Malgré les éléments attestant les progrès accomplis, le programme mondial semble avoir échoué par rapport à l’atteinte de l’objectif 2015 d’élimination de la maladie au Tchad, en Éthiopie et au Mali, et la certification d’exemption a été retardée au Kenya. Les pays d’endémie ont encore du mal à contenir 100 % des cas, et le nombre d’infections dues au ver de Guinée chez les chiens a continué à augmenter. Les problèmes d’insécurité menacent la réussite du programme et la capacité des pays à obtenir le statut de certification. Bien que nos connaissances progressent à propos de la dynamique de l’infection au Tchad, on ne sait pas encore quelles pourraient être les interventions les plus adaptées pour réduire les cas de transmission humaine. Les recherches doivent être intensifiées pour guider les phases finales du programme. Les objectifs 2015 n’ayant pas été atteints, de nouvelles cibles doivent être établies pour le programme dans l’optique de poursuivre les progrès vers l’éradication. Avec seulement 22 cas restants, il est temps de se mobiliser pour concrétiser cet objectif.

Étapes de couverture et d’impact 3
Étapes de soutien des programmes 2
Demandes de médicaments remplies 5
Recherche 2

Trypanosomiase humaine africaine

2012 1
2013 1
2014 1
État actuel 1

La trypanosomiase humaine africaine (THA ou maladie du sommeil) est une infection causée par des parasites transmis à l’homme par les piqûres de mouches tsé-tsé infectées. La maladie se manifeste sous deux formes : infection chronique par Trypanosoma brucei gambiense (g-THA) progressant sur plusieurs années, et infection aiguë par Trypanosoma brucei rhodesiense (r-THA) évoluant sur des semaines ou des mois. Dans la première étape, les parasites se multiplient dans le corps, provoquant de la fièvre, des maux de tête, des douleurs articulaires, et des démangeaisons. Dans la deuxième étape, les parasites envahissent le système nerveux central et le cerveau, conduisant à des changements de comportements, la confusion, le manque de coordination ainsi que des troubles du sommeil et sensoriels (donnant le nom la maladie du sommeil). Sans diagnostic ni traitement, la THA est presque universellement mortelle chez l’homme.

Le nombre de cas de trypanosomiase humaine africaine a continué de baisser : moins de 3 000 cas ont été notifiés en 2015 ce qui indique une bonne progression vers l’atteinte des objectifs. Comme il était indiqué l’an dernier, l’amélioration des indicateurs faciliterait l’analyse de la progression. Par exemple, le « Nombre de personnes ayant fait l’objet d’un dépistage », une statistique déjà collectée par l’OMS, n’était pas disponible au moment de la notation, ni incluse en tant qu’indicateur du tableau de bord. Si ces données étaient incluses, elles aideraient à déterminer si la réduction du nombre de nouveaux cas est due au fait que la maladie est moins présente ou à une baisse du dépistage. Nous sommes heureux de noter l’existence d’un groupe de travail réunissant diverses parties prenantes autour de cette maladie qui jouera, nous l’espérons, un rôle clé dans la définition des étapes intermédiaires concernant l’appui aux programmes. Des avancées sont à noter au niveau de la recherche avec la mise à disposition de nouveaux outils, de nouveaux traitements étant par ailleurs actuellement en phase finale de développement. L’approvisionnement en médicaments reste vert, grâce à l’implication étroite de Sanofi et de Bayer. Des cibles et étapes intermédiaires affinées au niveau de l’appui programmatique permettront de mesurer les progrès et d’étayer un plan précis plaidant pour l’établissement de nouvelles cibles d’élimination de la maladie.

Étapes de couverture et d’impact 2
Étapes de soutien des programmes 3
Demandes de médicaments remplies 1
Recherche 2

Lèpre

2012 2
2013 1
2014 2
État actuel 2

La lèpre (ou maladie de Hansen) est une maladie infectieuse chronique causée par des bactéries qui se propagent principalement par des gouttelettes provenant du nez et de la bouche des personnes atteintes de lèpre non traitées (produites, par exemple, quand elles toussent ou éternuent). La maladie, qui peut avoir une longue période d’incubation, provoque des lésions défigurantes sur la peau et des dommages aux nerfs. La première étape de la lèpre conduit à la perte de la sensation et la faiblesse musculaire dans les muscles du visage, des mains et des pieds (niveau 1 d’invalidité). Si la maladie n’est pas détectée et traitée, elle progresse à une seconde étape qui provoque des déficiences observables et permanentes, tels que la perte et/ou le raccourcissement des doigts ou des orteils, et la perte de vision (niveau 2 d’invalidité). La lèpre est plus commune dans les régions pauvres, où la surpopulation et une mauvaise nutrition rendent les gens plus vulnérables à l’infection, et où elle continue d’être une source majeure de handicap et d’exclusion sociale pour les personnes affectées et leurs familles. Les conséquences de la lèpre persistent souvent au-delà de la fin du traitement.

La communauté des acteurs de la lutte contre la lèpre a défini une longue liste d’indicateurs permettant de suivre la progression du programme et la mise en place de nouvelles interventions. C’est un travail remarquable, qui atteste de l’appui robuste des organisations non gouvernementales aux programmes de lutte contre la lèpre et aux patients. Il serait utile d’établir une liste générale d’indicateurs prioritaires, tant pour mesurer les progrès que pour identifier les indicateurs clés de réussite. Le reporting sur les progrès enregistrés dans les 25 pays d’endémie s’est amélioré par rapport à l’an dernier (20 pays cette année contre 10 en 2014). Tous les pays ayant transmis des rapports ont noté une hausse du nombre de programmes de dépistage des handicaps qui ont été achevés. La composante « Appui programmatique » est notée jaune puisque le reporting par pays reste incomplet et les principales cibles n’ont pas été atteintes, malgré les progrès observés. Un leadership plus affirmé de la part de l’OMS améliorerait les étapes intermédiaires et les données au plan international.

Étapes de couverture et d’impact 3
Étapes de soutien des programmes 2
Demandes de médicaments remplies 1
Recherche 2

Leishmaniose viscérale

2012 1
2013 1
2014 2
État actuel 1

La leishmaniose viscérale (LV, ou kala-azar) est provoquée par une infection des parasites leishmania, transmises par les piqûres de phlébotomes infectés qui se reproduisent dans et autour des maisons ou des fermes. Si la LV progresse, elle attaque le système immunitaire et affecte la moelle osseuse et les organes internes (y compris l’élargissement et troubles de la fonction de la rate et du foie), et provoque des poussées de fièvre irrégulières, une perte de poids importante, et l’anémie. Laissée sans traitement, la LV peut avoir un taux de létalité jusqu’à 100 % dans un délai de 2 ans. La maladie est liée à la pauvreté et aux changements environnementaux.

En 2015, l’OMS a indiqué une baisse significative du nombre de cas et du taux de létalité, une tendance qui se maintient depuis 2011. Les indicateurs de suivi révisés indiquent que le Népal a déjà atteint sa cible d’élimination de la maladie dans tous les districts où elle était endémique, et a maintenu ce statut d’élimination au cours des trois dernières années. Le Bangladesh et l’Inde sont aussi en bonne voie pour atteindre les cibles d’élimination établies pour 2020. L’introduction de tests diagnostiques rapides et l’expansion des centres de diagnostic et de traitement qui l’a accompagnée dans l’ensemble des zones d’endémie en Asie ont contribué à un accroissement de la couverture tant au niveau des diagnostics que des traitements. Les dons d’AmBisome ont satisfait les besoins en 2015, et cet indicateur reste vert. Le pourcentage de patients traités à l’AmBisome en Asie en 2015 a augmenté pour atteindre 84 %, un bond significatif par rapport à 2010 (10 %) et 2012 (28 %). La durée de traitement a été réduite de 28 à 1 jour, avec des bénéfices économiques significatifs tant pour les patients que pour le secteur de la santé. Des recherches sont en cours pour combler les déficits de connaissances dans plusieurs domaines : la prévention en Afrique de l’Est, le traitement concomitant de la LV chez les patients porteurs du VIH, la résistance aux médicaments ainsi que leur efficacité, et enfin l’amélioration des tests de diagnostic rapide de la maladie en Afrique de l’Est et en Amérique latine. Il manque des outils utilisables pour mener une lutte antivectorielle à grande échelle, et des recherches sont en cours pour identifier de nouveaux outils et de nouvelles approches. Les partenaires impliqués dans la lutte contre cette maladie se réunissent au moins deux fois par an, et le Comité de consultation technique régional une fois par an pour apporter les recommandations requises et un appui technique aux programmes.

Étapes de couverture et d’impact 1
Étapes de soutien des programmes 4
Demandes de médicaments remplies 1
Recherche 4

Calendrier 2016/2017

Crédits photos :
GSK/Marcus Perkins, Benoît Marquet/DNDi, Adriane Ohanesian/Sightsavers, L.Gubb/The Carter Centre, Kate Holt/Sightsavers, Dr Adrian Hopkins, MBE, WHO, The Fred Hollows Foundation/Antonio Fiorente, Programe Nacional de Chagas de Bolivia, DNDi/Simon Tshiamala, Netherlands Leprosy Relief and Bill & Melinda Gates Foundation/Prashant Panjiar.